On m'a souvent dit : "Sandra, avec ce que vous vivez, vous devez être zen tout le temps, non ?" Non. Et c'est exactement de ça que je veux vous parler aujourd'hui.
Depuis quelques années, la spiritualité s'est chargée d'un nouveau catalogue d'injonctions, aussi lourdes que celles qu'elle était censée nous aider à déposer. On ne parle plus de chemin intérieur, on parle de performance vibratoire. Et beaucoup de personnes sincèrement engagées dans leur quête finissent par culpabiliser... d'être humaines.
Le nouveau catalogue des "il faudrait"
Il faudrait vibrer haut en permanence. Il faudrait pardonner tout, tout de suite, sans colère résiduelle. Il faudrait "lâcher prise" sur commande, comme si c'était un interrupteur qu'on actionne à volonté. Il faudrait voir du sens et de la gratitude dans chaque épreuve, immédiatement, sans traverser la douleur qui la précède. Il faudrait ne jamais être "dans l'ego", ne jamais douter, ne jamais retomber.
Ce phénomène a un nom : le spiritual bypassing, ou contournement spirituel. C'est l'usage de concepts spirituels — le karma, l'alignement, la loi d'attraction — pour éviter de traverser une émotion, un deuil, une colère pourtant légitime. On saute directement à la leçon, en sautant l'expérience elle-même.
Ce que la noyade de 2012 m'a appris
J'ai vécu une expérience de noyade en octobre 2012, à Saint-Raphaël. Ce jour-là a été le point de bascule de mon chemin médiumnique. Je peux vous dire une chose avec certitude : ce jour-là, et dans les mois qui ont suivi, je n'ai pas "vibré haut". J'ai eu peur. J'ai douté, longtemps. J'ai été en colère contre des choses que je ne comprenais pas encore.
Et c'est précisément ce passage-là, non contourné, qui a permis l'ouverture. Pas la sérénité affichée. La traversée réelle.
Ce que la vraie spiritualité demande vraiment
La vraie spiritualité, celle qui libère réellement, ne vous demande pas d'être parfait(e), lumineux(se) ou détaché(e) en permanence. Elle vous demande d'être présent(e) à ce qui est là — même quand ce qui est là, c'est de la rage, de la tristesse ou simplement de la fatigue.
Le travail transgénérationnel que j'accompagne le montre chaque semaine : ce ne sont pas les personnes qui "vibrent haut" qui se libèrent en profondeur. Ce sont celles qui acceptent de regarder ce qu'elles portent vraiment, sans se mentir sur l'état réel de leur cœur au moment présent.
Déposer l'injonction, pas la quête
Il ne s'agit pas d'abandonner votre chemin spirituel. Il s'agit d'abandonner l'idée que ce chemin doit ressembler à une publicité pour la paix intérieure. Un chemin réel comporte des chutes, des retours en arrière, des périodes où l'on ne "sent" rien du tout. Ce n'est pas un échec. C'est la texture normale d'une transformation vraie.
Alors si aujourd'hui vous n'êtes pas alignée, pas sereine, pas "au top" : vous n'avez rien raté de votre chemin. Vous êtes simplement en train de le faire, pour de vrai.
Si vous portez depuis longtemps le poids de "devoir être" spirituellement parfaite, le travail transgénérationnel peut vous aider à distinguer ce qui vous appartient vraiment de ce qu'on vous a transmis à porter. Parlons-en lors d'un appel découverte offert.
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